La Spiruline de Haute Saintonge

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  Culture de la spiruline de Haute Saintonge

D'OU VIENT NOTRE SPIRULINE ?

ADAPTATION CLIMATIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
EAU - SERRES - OMBRAGE - AGITATION
LE MILIEU DE CULTURE
SPIRULINE BIO - PREPARATION DU MILIEU DE CULTURE - RENOUVELLEMENT DU MILIEU DE CULTURE - EPURATION ET RECYCLAGE

CULTURE DE LA SPIRULINE
ENSEMENCEMENT - NOURRITURE MINERALE DE LA SPIRULINE - CONDUITE ET ENTRETIEN DE LA CULTURE

RECOLTE DE LA SPIRULINE
RECOLTE - POMPAGE - FILTRATION - PRESSAGE - EXTRUDAGE - SECHAGE - BROYAGE - CONDITIONNEMENT
SPIRULINE FRAICHE
CONTROLE DE QUALITE
HYGIENE (GBPH en cours d'élaboration par la FSF)
HISTORIQUE DES INVESTISSEMENTS

Vue aérienne Culture de Spiruline en Haute Saintonge

Trophée de la Haute Saintonge 2013


D'OU VIENT NOTRE SPIRULINE ?

Les souches de spiruline que nous cultivons sont la Lonar et la Paracas.

Situation géographique des souches lonar et paracas

La spiruline Paracas vient du lac de l'oasis d'Huacachina dans la région d'Ica au Pérou. Encerclé du sable blanc du désert, cette oasis doit son origine aux afflux des courants souterrains.

La spiruline Lonar, vient du cratère de Lonar dans l'État
de Maharashtra en Inde. Il est le plus grand cratère creusé
par une météorite dans des roches de basalte et est partiellement rempli par un lac d'eau « saumâtre ».
Oasis d'Huacachina Cratère de Lonar

Sous ces latitudes, la température de l'eau est comprise entre 20 et 40°C. Les nombreux oiseaux et mammifères qui fréquentent ces plans d'eau depuis des millénaires ont créés par leurs déjections et leur agitation un environnement adapté au développement de la spiruline.

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ADAPTATION CLIMATIQUE ET ENVIRONNEMENTALE

EAU - La spiruline a tendance à absorber tout les éléments présents dans son milieu de vie, y compris toxines et métaux lourds. La qualité de l'eau dans laquelle elle est cultivée est donc essentielle. L'eau que nous utilisons pour nos cultures est puisée à 90 mètres de profondeur. (Forage collectif de l'ASA de la vallée des rois). La température de l'eau est proche de 15°C. (pH : 7,2. Les analyses révèlent une pollution organique nulle ou négligeable. Nous utilisons une citerne pour stocker de l'eau et un filtre à ultra-violet afin de parer à toutes éventuelles contaminations.

Quantité d'eau nécessaire à la production d'un kilo de protéines
Quantité d'eau nécessaire à la production d'un kilo de protéines
70 chevaux à 90 mètres
Mise en place de la nouvelle pompe
250 m³/h
Remplissage de la réserve du forage
2500 m³ en réserve
Réserve d'eau de l'ASA

SERRE - En Charente Maritime le climat permet le développement de la spiruline pendant 7 mois. L'hiver, le coût du chauffage ne le rend pas actuellement envisageable. Tant que l'eau demeure en dessous de 20°C, la "souche" se maintient sans se multiplier. Nos bassins sont donc sous serres et la récolte est saisonnière d'avril à novembre. Cet abri constitue non seulement une protection contre le froid mais aussi contre les pluies et l'évaporation, qui entraînent des fluctuations de concentration des milieux de cultures, et enfin contre les insectes, les poussières et les éventuelles pollutions transportées par le vent.

Bassin de culture de la spiruline de Haute Saintonge

OMBRAGE - La spiruline effectue le processus de photosynthèse, elle a donc besoin de périodes d'ombre et de lumière. Cependant c'est un micro-organisme et une exposition prolongée à certains rayonnement ultra-violets est dangereuse (phénomène de photolyse). Un système d'ombrages en protège donc la culture.

Venturi

AGITATION - L'agitation du milieu de culture est nécessaire afin d'assurer une bonne répartition de l'éclairage parmi toutes les spirulines, mais aussi pour favoriser les échanges gazeux (Elimination de l'oxygène et absorption du gaz carbonique). Nos bassins, conçus en forme d'hippodrome sont équipés d'un système de circulation utilisant un venturi pour capter la spiruline en surface et la renvoyer au fond du bassin. Une rotation complète s'effectue en une heure. Nous avons choisi enercoop fournisseur d’électricité 100 % renouvelable et coopératif.

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LE MILIEU DE CULTURE

Pour la culture de spiruline en France et en Europe il n'existe pas encore de cahier des charges bio agrée par la Fédération Nationale de l'Agriculture Biologique (FNAB). Une spiruline "100% biologique", devrait être cultivée exclusivement à partir de produits organiques. Or dans nos sociétés modernes, l'usage de produits organiques locaux permettant le produire de la spiruline présente des risques sanitaires.

Lettre d'information de la Fédération des Spiruliniers de France : LA SPIRULINE BIOLOGIQUE, MYTHE OU RÉALITÉ ?

PRÉPARATION DE NOS MILIEUX DE CULTURE

Les spirulines vivent dans une eau saumâtre et alcaline (alcalinité = basicité, les deux termes sont interchangeables).
Les limites de salinité et d'alcalinité sont assez larges : une salinité totale de 13 g/litre et une alcalinité de 0,1 molécule-gramme/litre (b = 0,1) ; mais ces concentrations peuvent être doublées sans inconvénient.

L'alcalinité est habituellement apportée par du bicarbonate de sodium, mais ce dernier peut être remplacé en partie par du carbonate de sodium qui a d'ailleurs l'avantage de relever le pH initial du milieu de culture.
Le carbonate peut même être la seule source d'alcalinité à condition de le bi-carbonater au gaz carbonique ou par exposition à l'air avant usage.

La salinité est apportée pour moitié par du sel de l'île de Ré qui ne contient pas d'anti-agglomérant, et pour l'autre moitié par les différents minéraux apportés. L'emploi d'un sel peu raffiné est recommandé pour sa teneur en oligo-éléments bénéfiques.

Panoramix

En plus du sel et du bicarbonate, le milieu de culture contient des nutriments : le principal étant l'azote (N) et ensuite le phosphore (P). Le potassium (K), le magnésium (Mg), le calcium (Ca), le fer (Fe) et le soufre (S) doivent aussi être ajoutés sauf s'ils sont apportés en quantité suffisante par l'eau, le sel ou les différents nutriments. Une analyse de l'eau et du sel est utile pour calculer la dose de magnésium (Mg), calcium (Ca) et fer (Fe) à ajouter car un excès de ces éléments peut être dommageable pour la culture (perte de phosphore soluble, formation de boues). L'eau, le sel et les engrais apportent souvent des oligoéléments (bore, zinc, cobalt, molybdène, cuivre, etc.), mais en quantité infuffisante ou variable et il est préférable d'assurer l'apport des principaux oligo-éléments. Les oligoéléments apportés par l'eau et le sel peuvent être complétés avec de l'argile.

L'azote (N), et le carbone (C) constituent la nourriture de base (azote : ¼ des apports, dioxyde carbone ou gaz carbonique (CO2) : ¾ des apports) et sont indispensables à la « fabrication » des protéines. Les sources d'azote préférées des spirulines sont l'ammoniaque (NH4) et l'urée (CO(NH2)2) (par référence aux fientes des flamants roses), mais ces produits sont toxiques au-delà d'une concentration limite (l'urée s'hydrolyse peu à peu en ammoniaque). C'est pourquoi on préfère souvent, au moins lors de la préparation du milieu de culture, utiliser du nitrate, constituant ainsi une réserve d'azote à long terme. Les spirulines consommeront d'abord l'ammoniaque puis les nitrates s'il y en a de disponible. 
L'urée (CO(NH2)2) ou carbamide est un produit propre et inodore. Elle doit être employée pure et sans anti-agglomérants.
Le nitrate (NO3−) peut se transformer spontanément en ammoniaque dans certaines conditions (en présence de sucre par exemple et sans doute d'exopolysaccharides sécrétés par la spiruline elle-même). Vice-versa l'ammoniaque (issu de l'urée par exemple) s'oxyde plus ou moins vite en nitrite puis en nitrate par le phénomène naturel connu sous le nom de nitrification.

Les autres apports sont minimes mais indispensables comme tout les minéraux ou oligo éléments.
Le phosphore est apporté par un orthophosphate soluble, le phosphate monoammonique (NH4H2PO4).
Le potassium est apporté indifféremment par le nitrate de potassium (KNO3) ou le chlorure de potassium (KCl).
La source de magnésium habituelle est le sulfate de magnésium appelé sel d'Epsom (MgSO4).
Le calcium nécessaire est apporté par l'eau du forage naturellement riche en calcium (Ca) (Eau très carbonatée).
Le fer est apporté par une solution de sulfate de fer (FeSO4) acidulée avec de l'acide citrique (Que l'on retrouve dans le jus de citron).

On notera la possibilité d'apporter plusieurs éléments à la fois par le même produit, par exemple azote (N) et potassium (K) par le nitrate de potasse ou souffre (S) et magnésium (Mg) par le sulfate de magnésium. On voit l'importance de posséder des rudiments de chimie pour pouvoir jongler entre les différents apports selon leur disponibilité et leur prix. Il suffit de connaître les poids moléculaires et de faire des règles de trois. On peut aussi se passer du concept de poids moléculaire et ne travailler qu'avec les pourcentages d'éléments.

Exemple d'analyse de milieu de culture typique d'un bassin en cours de production :

Milieu de culture
 

Carbonate = 2800 mg/l
Bicarbonate = 720 mg/l
Nitrate = 614 mg/l
Phosphate = 25 mg/l
Sulfate = 350 mg/l
Chlorure = 3030 mg/l
Sodium = 4380 mg/l
Potassium = 642 mg/l
Magnesium = 10 mg/l

Calcium = 5 mg/l
Ammonium + ammoniac = 5 mg/l
Fer = 1 mg/l

Salinité totale = 12797 mg/l
Densité à 20°C = 1010 g/l
Alcalinité = 0,105 N (molécule-gramme/l)
pH à 20°C = 10,4

La stabilité du milieu de culture peut être maintenue pendant plusieurs années si un suivi rigoureux de sa composition est réalisé. Les concentrations en sel, minéraux et oligo-éléments peuvent être alors corrigées.

Lorsque l'on s'écarte des conditions optimales par une dérive de la composition du milieu, ou par des circonstances environnementales extrêmes, la spiruline peut produire des sucres (polysaccarides). Ces sucres ne présentent pas de problème sanitaire, mais leur accumulation qui trouble le milieu et en accentue la viscosité finit par pénaliser la culture et complique le travail de récolte.

Dans le milieu de culture, les bactéries et le zooplancton se chargent de la minéralisation et du recyclage des déchets biologiques. Mais il arrive que la production de déchets dépasse leur élimination. Il faut alors pratiquer une purge par pompage et remplacer du milieu de culture en corrigeant sa composition pour rétablir un équilibre correct.

Un certain taux de renouvellement du milieu réduit aussi les risques d'accumulation de contaminants éventuels non détectés (chimiques ou biologiques).

Recyclage

Le milieu de culture peut être recyclé après épuration partielle (procédé F. Haldemann) : l'épuration consiste en une combinaison de filtration, décantation et traitement biologique par la flore naturelle, à l'abri de la lumière, dans des bassins profonds de 1 à 2 m. avec un temps de séjour global de 2 à 4 semaines.

Elle peut être complétée par l'écumage (comme l'écume de mer qui permet une élimination des déchets organiques)

Autre façon de procéder (procédé F. Ayala) : envoyer les purges dans un bassin "naturel" peu ou pas agité, de surface égale au tiers de celle des bassins actifs et profond de 2 m. Récupérer pour l'alimentation animale les (très belles) spirulines qui s'y développent et recycler le milieu après stérilisation aux ultra-violets.

Un simple stockage du milieu de culture pendant 6 mois à 20°C, sans agitation et à l'abri de la lumière, le purifie très bien : le milieu de culture se purifie de lui-même nettement pendant l'hiver où la production est faible, et ceci malgré les basses températures.

Autre solution possible : utilisation des purges comme "engrais" dans un lagunage. Ces solutions sont encore à l'étude actuellement.

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CULTURE DE LA SPIRULINE

ENSEMENCEMENT

L'ensemencement consiste à préparer un nouveau bassin de culture.

Dans un bassin en cours de culture, on mesure la densité de spiruline à l'aide d'un "disque de Secchi" (visuel qui permet d'évaluer par transparence dans un liquide la concentration de matière en suspension. Les profondeurs de disparition du visuel donne une échelle de mesure).

Pour démarrer une culture de spiruline dans un lieu qui en est dépourvu, ou pour redémarrer avec une nouvelle souche, on ne dispose généralement que d'un flacon (rempli à moitié pour maintenir assez d'oxygène). On peut même partir d'un seul filament isolé. Pour lancer la culture, on a toujours intérêt à commencer aussi concentré que possible en spiruline. C'est pourquoi, si la disponibilité de semence est limitée, on démarre avec un volume minimum de liquide.

Avec un taux de croissance de 20% par jour, à partir d'un litre de culture de spiruline, on obtient 80 millions de litres en 100 jours.

Supposons que le point de départ soit 150 g de culture à 1 g/l de concentration en spiruline et que l'objectif soit de multiplier le volume de semence initial pour ensemencer un bassin de 1000 litres. Il va falloir faire 4 cultures successives, en multipliant chaque fois le volume par 5, ce qui demande environ trois semaines au total. La première mini-culture est faite dans une bouteille d'un ou deux litres, puis dans un mini bassin provisoire, jusqu'a atteindre le volume de culture souhaité...

Pour éviter la formation de grumeaux au début de l'ensemencement, il faut diluer très progressivement la semence concentrée, en ajoutant des petites doses de milieu de culture neuf contenant de l'azote. On a ensuite intérêt à conserver une concentration en spiruline élevée (0,3 g/l ou plus) et donc à diluer le moins possible la culture à chaque augmentation de volume: une dilution progressive (par exemple quotidienne) est la meilleure. Une culture peut mourir suite à une dilution trop importante ou un excès d'azote.

Comme la concentration initiale de chaque culture est faible ("Secchi" supérieur à 5 cm), il faut ombrer, sinon on risque la mort des spirulines par photoxydation au soleil. Il faut aussi agiter jour et nuit sinon les spirulines peuvent s'agglomérer, notamment sur les bords, et ne plus pouvoir se disperser ensuite. Il faut aussi veiller à éviter les dépôts minéraux qui entraînent avec eux des spirulines. L'agitation continue des cultures en petits récipients se fait au moyen d'un petit bullage d'air comme dans un aquarium. L'agitation de volumes plus importants (> 100 litres) de cultures diluées peut se faire au moyen d'une petite pompe d'aquarium. Après l'ensemencement avec une spiruline ayant "souffert" au stockage, le nouveau bassin peut mousser excessivement, mais cela disparaît normalement en un à deux jours.

En partant d'un site ou des bassins sont déja exploités, il suffit de transvaser un certain volume de culture d'un autre bassin en production vers du milieu de culture neuf. Il est possible d'augmenter les jours précédents le volume de la culture initiale en prévision du prélèvement. L'ajout directement dans le bassin des sels non dissous peut être très dangereux pour la culture. On ne peut pas préparer d'avance une réserve de milieu de culture à moins de la garder peu de temps et à l'obscurité pour qu'elle ne risque pas de se contaminer par des algues étrangères.

Le milieu de culture initial permet une croissance de la spiruline jusqu'à une concentration en spiruline voisine de 2 g/l. La base de la nourriture à apporter correspond à la quantité de spiruline produite par photosynthèse et compense les prélèvements de spiruline récoltée.

L'azote et le CO2 sont ajoutés quotidiennement comme apport de carbone en fonction de la récolte prélevée dans la journée ou prévisible les jours à venir.
Le nitrate n'impose pas les mêmes précautions que l'urée mais celui-ci est moins cher et plus efficace. Il réduit la formation de grumeaux et renforce la vigueur des spirulines ; de plus l'urée apporte du CO2 "gratuit".
L'ammoniaque peut évidemment être utilisée au lieu de l'urée, mais avec encore plus de précautions : là, le goutte-à-goutte est nécessaire. Par contre l'ammoniaque a un avantage sur l'urée : celle-ci ne s'hydrolyse que petit à petit (une dose trop forte d'urée peut constituer une "bombe à retardement" en produisant de l'ammoniaque).
Le bicarbonate d'ammonium est une possibilité intéressante pour apporter à la fois de l'azote et du CO2 "gratuit" (double de l'urée).

Tous les ingrédients sont dissous avant d'être introduits dans la culture et pendant l'introduction la culture doit être sous agitation. En se basant sur la composition élémentaire de la spiruline et les indications sur le milieu de culture, il est facile de calculer les besoins en nourriture minérale selon les produits dont on dispose. On tient compte de la pureté chimique des produits (sans anti-agglomérants...), des pertes en cours de production (photoxydation, pertes chimiques et physiques) et lors de la récolte. On ne tient pas compte des apports par l'eau d'appoint sauf si l'évaporation est très forte. Cela n'inclut pas les besoins en nutriments correspondant aux purges de milieu de culture, qui doivent donc éventuellement être ajoutés.

L'apport des oligo-éléments par les traces contenues dans l'eau d'appoint et les sels peut ne pas suffire. On peut utiliser du sel non raffiné afin d'apporter des oligo-éléments ou bien des concentrés d'oligo-éléments (Il en existe pour les cultures bio ou l'apiculture).

Pour simplifier l'exploitation, on pourrait se contenter de nourrir la spiruline seulement une fois par mois mais cela entraîne des fluctuations assez fortes dans la composition de la spiruline, notamment en fer. C'est pourquoi nous la nourrissons plutôt quotidiennement avec de petits apports qu'elle gère conformément à son cycle (croissance de 20% par jour).

Rendement en protéine par hectare et par an
Rendement en protéine par hectare et par an

Agitation : Au milieu d'une journée très chaude, sans ombrage, l'agitation doit être continue. La nuit l'agitation peut être arrêtée. La productivité d'une culture dépend fortement de l'agitation, sans que nous soyons encore en mesure de réellement quantifier cet effet. Un bon test de croissance d'une culture est son augmentation de pH.

Ombrage : Le pH peut monter à 11,5 et plus, mais la spiruline ne peut supporter longtemps un pH supérieur à 11,3. Un demi-ombrage suffit généralement à maintenir le pH en dessous de 11. L'ombrage est par ailleurs nécessaire quand la température de la culture est trop basse (< 10°C) par grand soleil, sinon la culture peut facilement mourir par photolyse. Il faut ombrer aussi pour économiser l'eau en saison sèche, ou si la température de la culture a tendance à dépasser 38°C. Une culture sous ombrage est plus facile à récolter et la qualité de la spiruline est améliorée (plus riche en pigments), moyennant une diminution de la productivité qui peut rester modeste.

Niveau d'eau : Nous veillons à ajouter de l'eau dans les bassins pour maintenir le niveau voulu. L'eau d'appoint contient aussi des sels solubles qui augmentent peu à peu la salinité (de même l'utilisation de nitrates ou les apports de potassium ou magnésium). Ceci peut obliger à pratiquer des purges pour empêcher la salinité de dépasser 26 g/l. Mais l'eau d'appoint apporte aussi des oligoéléments bénéfiques.
Une dilution brusque du milieu de culture fait tomber les spirulines au fond. Un niveau d'eau élevé (30 cm ou même plus) réduit les surchauffes et est utile pour faciliter l'autoépuration du milieu de culture.

Fer : La spiruline est un aliment des plus riches en fer. Il faut donc lui en fournir sous une forme assimilable ce qui n'est pas évident à cause du pH élevé du milieu de culture. Si la spiruline n'est pas assez vert foncé, cela peut être du à un manque d'azote, mais aussi à un manque de fer. Le moyen classique d'introduire du fer est de préparer une solution de fer à 10 g/l. Il est toujours préférable d'introduire la solution de fer à faible débit dans le milieu de culture (au goutte-à-goutte) et sous agitation. Plus on ajoute le fer régulièrement plus la teneur en fer de la spiruline sera régulière.

Oligoéléments : On peut compter sur l'eau d'appoint et les sels pour apporter les oligoéléments nécessaires à la croissance de la spiruline, mais il est nécessaire parfois de les apporter par une solution préparée. L'apport des oligoéléments majeurs (bore, cuivre, manganèse et zinc) est fait en cas de faible taux de renouvellement du milieu sur une longue période. La solution d'oligoéléments est ajoutée au prorata des récoltes, à concurrence par exemple du quart ou de la moitié des besoins théoriques.

Carbone : L'aliment principal de la spiruline est le carbone dont la source normale est le dioxyde de carbone (CO2). La consommation de CO2 est de l'ordre de 2 kg/kg de spiruline (théorie = 1,71). L'absorption du CO2 atmosphérique se fait nuit et jour. La nourriture carbonée qui vient de l'air (extrêmement dilué) n'est pas négligeable. La mesure de la carence dans le milieu de culture demande des moyens analytiques coûteux. On augmente donc la productivité en injectant (par beau temps) du gaz carbonique pur directement dans la culture. Cela contribue à baisser son pH à 10 ou moins. Si le débit est correct, le gaz injecté dans le venturi est dissous et ne s'échappe donc pas dans l'air. D'une manière générale nous ne cherchons pas à maintenir des productivités records, parce qu'elles augmentent la vitesse de salissure du milieu de culture, et à faible productivité le milieu a plus de possibilité de s'auto-purifier. La productivité moyenne ne dépasse généralement pas 7 g/jour/m² de spiruline sèche sur une saison de production. CO2 : Linde-Gas Débilitres gaz carbonique
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RÉCOLTE DE LA SPIRULINE

Récolte de spiruline à la corde flottante

On récolte un même bassin tous les deux ou trois jours en veillant à laisser une quantité de spiruline suffisante pour maintenir la croissante à un niveau optimum. En l'absence de récoltes, avec suffisamment de nutriments, la concentration en spiruline croit jusqu'à l'équilibre entre photosynthèse et respiration, correspondant à environ 250 g de spiruline/m2 de bassin. Il n'est pas bon pour la culture de rester longtemps sans être récoltée, à très haute concentration : cela peut même être une cause de mortalité pour elle. Inversement il n'est pas bon d'abaisser la concentration en dessous de 0,4 g/l, en tous cas de 0,3 g/l : la productivité est plus forte aux basses concentrations mais la culture y est moins stable, et la spiruline y est produite avec une teneur en phycocyanine moins élevée. (une partie du bassin ne voit pas les UV)

Nous récoltons le matin tôt car la teneur de la spiruline en protéines y est généralement plus élevée que le soir.La veille au soir, les pompes d'agitation ont été arrêtées. Pendant la nuit, une grande partie de la spiruline remonte à la surface constituant une crème surnageante plus ou moins épaisse. Nous rassemblons cette crème à l'aide d'une corde flottante afin de la resserrer vers une pompe qui l'envoie à l'abri du soleil et des poussières vers la salle des "filtres à tambour".

La spiruline est égouttée une première fois en traversant ces filtres rotatifs (mailles de 30 microns).

Elle s'étend ensuite sur une table dont le plan en toile est soumis à une dépression. Cette dernière opération achève le processus de séparation de la spiruline et du milieu de culture.

Le milieu de culture extrait est renvoyé vers son bassin ou peut transiter par un système d'épuration-recyclage.

Filtre à Tambour B. Rampelt
Filtre à tambour par Bernhard Rampelt
Presse pneumatiqueChaudronnerie SORIN
Fournitures industrielles SEFI

Lorsque la spiruline est correctement égouttée, elle se présente sous la forme d'une pâte épaisse directement consommable.

La biomasse doit être immédiatement extrudée ou placée au réfrigerateur. (La refroidir rapidement à près de 0°C puis la conserver entre 0 et 4°C).

C'est le moment de s'approvisionner en spiruline fraîche !

Il s'agit de transformer cette pâte de spiruline en fins filaments (1,4 mm de diamètre) afin d'en optimiser le séchage. Cette opération est réalisée à l'aide d'un "poussoir" de charcuterie adapté. Les "spaghettis" obtenus sont répartis sur des "clayettes". Ces plateaux formés d'un cadre en inox garni d'une toile (en mailles 900µ) sont ensuite superposés sur des chariots pour être emportés dans le séchoir.

Extrusion de la spiruline en pailettes

SÉCHAGE

La température, l'humidité de l'air et la ventilation conditionnent l'efficacité du séchage. L'opération doit être suffisamment rapide pour que le produit sèche sans fermenter. La rapidité du séchage dépend de l'épaisseur de la biomasse fraîche répartie sur chaque plateau (d'ou l'importance de réaliser des spaghettis les plus fins possibles). Si le produit reste humide durant plusieurs heures au dessus de 35°C, les risques de fermentation sont accrus et au dessus de 40°C la "cuisson" décompose les vitamines.

Le séchage est donc réalisé dans une pièce fortement ventilée, équipée de deux déshumidificateurs, et un thermostat maintient la température en dessous de 28°C. Actuellement le temps de séchage est de 5 heures pour 10 Kg de spiruline sèche.

Si le séchage n'est pas réalisé dans de bonnes conditions la spiruline dégage une odeur anormale et il peut arriver qu'une détérioration non apparente ait lieu en profondeur. Il est donc important de vérifier la qualité du produit sec d'après son odeur, son goût et de vérifier s'il est dur et vert à cœur. Dans le cas contraire, nous réservons le produit à l'alimentation animale.

Séchoir à basse température Paillettes de spiruline déshydratée

BROYAGE

La spiruline bien séchée est craquante, se détache toute seule du support de séchage et se laisse facilement briser. Nous utilisons un cutter pour réduire les spagghettis en paillettes.

Cutter

CONDITIONNEMENT

La spiruline sèche peut se conserver pluisieurs années sans perdre de ses qualités à condition d'être stockée à l'abri de l'humidité, de la lumière, de l'air et des fortes chaleurs. Nous proposons actuellement un emballage plastique métallisé conçu pour une excellente protection contre l'humidité et la lumière et qui peuvent être refermé sans limite. Différents conditionnements d'emballages adaptés et éco-responsables sont étudiés.

 

Sachet étanche et opaque
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SPIRULINE FRAÎCHE

La spiruline fraîche peut être consommée directement après pressage.
Celle-ci est plus efficace que la spiruline sèche car plus digeste et plus riche en certains éléments actifs comme le béta-carotène, la phycocyanine, l'acide gamma-linoléique et le fer assimilable.
Sa consistance très ferme peut faciliter son emploi en lui ajoutant un peu d'eau, de crème ou d'huile pour en faire une sauce verte de la consistance souhaitée, éventuellement assaisonnée d'ail ou d'oignon. On prépare facilement une sauce délicieuse pour accompagner des gâteaux d'apéritif en mixant: spiruline fraîche + crème fraîche + un peu de fromage bleu...

Fraîche, elle peut se garder au réfrigérateur en récipient fermé jusqu'à 4 jours à 1°C, 2 à 3 jours à 5°C, un jour à 8°C. (Son odeur est révélatrice de la qualité de conservation). En cours de stockage en réfrigérateur, en récipient non fermé, il arrive que des sels résiduaires migrent en surface du produit, lui conférant un goût amer : dans ce cas enlever la pellicule de surface. Le meilleur mode de stockage en réfrigérateur est sans contact avec l'air, ce qui évite tout risque de réhumidification dûe à la condensation sur la biomasse.

Spiruline fraîche

Dans l'option congélation, il est simple et très pratique de réaliser des petits cubes à l'aide d'un bac à glaçons classique. Il faut garder à l'esprit que la congélation comme la cuisson, détruit certains éléments nutritifs. Les personnes qui n'aiment pas l'odeur de la spiruline sèche préfèreront la spiruline fraîche (ou congelée), qui n'a pratiquement ni odeur ni goût et qui semble posséder un certain pouvoir exhausteur de goût, un peu comme le glutamate de sodium, et permettre donc de relever de nombreux mets.
La spiruline doit être utilisée très rapidement après décongélation: Un bain d'eau bouillante permet de composer un bouillon ou une sauce "instantanée" à accommoder au choix.

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CONTRÔLE DE QUALITÉ

Conscient de la faculté de la spiruline à absorber tout les éléments présents dans son milieu, y compris les toxines et métaux lourds, nous prenons toutes les précautions nécessaires pour utiliser une eau irréprochable (usage exclusif de l'eau de forage, contrôles et filtration aux ultra-violets).

Nous prêtons aussi une très grande attention à la qualité sanitaire et environnementale des intrants utilisés. Nous veillons en particulier à la pureté des produits en écartant tous ceux qui présentent des excipients ou autres additifs accessoires. Nous prenons soin de choisir les produits les moins impactants du point de vue écologique lors de la mise en œuvre de leur procédés d'extraction, de fabrication ou d'épuration.

Nous effectuons régulièrement des analyses des milieux afin de coller au plus près des conditions optimum pour le développement de la spiruline, et mettons en place toutes les techniques de recyclage interne afin de réduire les apports et d'éviter tous rejets inutiles.

Nous veillons à réduire au maximum les délais entre les opérations de récolte et de séchage tout en respectant les règles d'hygiène des laboratoires alimentaires afin d'optimiser les conditions sanitaires et de garantir le meilleur état de fraîcheur de notre spiruline.

Nous prenons soin de veiller à ce que l'opération de séchage soit réalisée dans un temps le plus court possible et à basse température (<35°C) afin de mieux préserver les qualités nutritionnelles du produit. Nous surveillons la qualité du séchage qui doit aboutir à moins de 9 % d'eau pour empêcher toute survie de microorganisme. La spiruline ne contient en principe pas de spores à cause du pH élevé du milieu de culture.

La qualité microbiologique s'améliore au stockage. Le stockage en sachets scellés permet une vérification à posteriori de la qualité du séchage : si le vide se forme, c'est que le produit était correct ; si le sachet parait gonflé (cela peut demander quelques mois), c'est qu'il y a fermentation ou évolution enzymatique.

Nous faisons vérifier régulièrement la conformité du produit par rapport aux normes d'hygiène (3 critères) et de sécurité (3 critères) en vigueur. Un prélèvement de 10 g à chaque récolte : 10 récoltes constituant un sachet de 100g destiné au labo d'analyses AQMC. (Un sachet témoin est conservé sur place.)

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HYGIÈNE (GBPH en cours d'élaboration par la FSF)

La prudence et le respect des normes en vigueur nécessitent une attention particulière aux matériels et procédés de culture, récolte, séchage et conditionnement des spirulines disponibles sur le marché.

La Fédération des Spiruliniers de France travaille actuellement à la rédaction d'un "Guide des Bonnes Pratiques d'Hygiène" afin de normaliser les méthodes de production et offrir aux consommateurs les meilleures garanties sanitaires des spirulines produites en France et en Europe.


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